Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ( Ord. du 25 novembre 2004)
Titre premier : Généralités
La qualité de réfugié
Article L. 711-1
La qualité de réfugié est reconnue à toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté ainsi qu’à toute personne sur laquelle le haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés exerce son mandat aux termes des articles 6 et 7 de son statut tel qu’adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 14 décembre 1950 ou qui répond aux définitions de l’article 1er de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux réfugiés en vertu de la convention de Genève susmentionnée.
La protection subsidiaire
Article L. 712-1
Sous réserve des dispositions de l’article L. 712-2, le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé à toute personne qui ne remplit pas les conditions pour se voir reconnaître la qualité de réfugié mentionnées à l’article L. 711-1 et qui établit qu’elle est exposée dans son pays à l’une des menaces graves suivantes :
a) La peine de mort ;
b) La torture ou des peines ou traitements inhumains ou dégradants ;
c) S’agissant d’un civil, une menace grave, directe et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d’une violence généralisée résultant d’une situation de conflit armé interne ou international
Article L. 712-2
La protection subsidiaire n’est pas accordée à une personne s’il existe des raisons sérieuses de penser :
a) Qu’elle a commis un crime contre la paix, un crime de guerre ou un crime contre l’humanité ;
b) Qu’elle a commis un crime grave de droit commun ;
c) Qu’elle s’est rendue coupable d’agissements contraires aux buts et aux principes des Nations unies ;
d) Que son activité sur le territoire constitue une menace grave pour l’ordre public, la sécurité publique ou la sûreté de l’Etat.
Article L. 712-3
Le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé pour une période d’un an renouvelable. Le renouvellement peut être refusé à chaque échéance lorsque les circonstances ayant justifié l’octroi de la protection ont cessé d’exister ou ont connu un changement suffisamment profond pour que celle-ci ne soit plus requise.
Il peut être mis fin à tout moment au bénéfice de la protection subsidiaire pour les motifs énumérés aux a, b, c et d de l’article L. 712-2.
Dispositions communes
Article L. 713-2
Les persécutions prises en compte dans l’octroi de la qualité de réfugié et les menaces graves pouvant donner lieu au bénéfice de la protection subsidiaire peuvent être le fait des autorités de l’Etat, de partis ou d’organisations qui contrôlent l’Etat ou une partie substantielle du territoire de l’Etat, ou d’acteurs non étatiques dans les cas où les autorités définies à l’alinéa suivant refusent ou ne sont pas en mesure d’offrir une protection.
Les autorités susceptibles d’offrir une protection peuvent être les autorités de l’Etat et des organisations internationales et régionales.
Article L. 713-3
Peut être rejetée la demande d’asile d’une personne qui aurait accès à une protection sur une partie du territoire de son pays d’origine si cette personne n’a aucune raison de craindre d’y être persécutée ou d’y être exposée à une atteinte grave et s’il est raisonnable d’estimer qu’elle peut rester dans cette partie du pays.
Il est tenu compte des conditions générales prévalant dans cette partie du territoire, de la situation personnelle du demandeur ainsi que de l’auteur de la persécution au moment où il est statué sur la demande d’asile.
Titre II : L’Office français de protection des réfugiés et apatrides
Missions
Article L. 721-2
L’office reconnaît la qualité de réfugié ou accorde le bénéfice de la protection subsidiaire aux personnes remplissant les conditions mentionnées au titre Ier du présent livre.
Il exerce la protection juridique et administrative des réfugiés et apatrides ainsi que celle des bénéficiaires de la protection subsidiaire.
Il assure, en liaison avec les autorités administratives compétentes, le respect des garanties fondamentales offertes par le droit national, l’exécution des conventions, accords ou arrangements internationaux intéressant la protection des réfugiés sur le territoire de la République, et notamment la protection prévue par la convention de Genève du 28 juillet 1951 et par le protocole de New York du 31 janvier 1967 relatifs au statut des réfugiés. Il coopère avec le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés et facilite sa mission de surveillance dans les conditions prévues par les accords internationaux.
Article L. 721-3
L’office est habilité à délivrer, après enquête s’il y a lieu, aux réfugiés et apatrides les pièces nécessaires pour leur permettre soit d’exécuter les divers actes de la vie civile, soit de faire appliquer les dispositions de la législation interne ou des accords internationaux qui intéressent leur protection, notamment les pièces tenant lieu d’actes d’état civil.
L’office est habilité à délivrer dans les mêmes conditions les mêmes pièces aux bénéficiaires de la protection subsidiaire lorsque ceux-ci sont dans l’impossibilité de les obtenir des autorités de leur pays.
Le directeur général de l’office authentifie les actes et documents qui lui sont soumis. Les actes et documents qu’il établit ont la valeur d’actes authentiques.
Examen des demandes d’asile
Article L. 723-1 L’office statue sur les demandes d’asile dont il est saisi. Il n’est toutefois pas compétent pour connaître d’une demande présentée par une personne à laquelle l’admission au séjour a été refusée pour le motif prévu au 1° de l’article L. 741-4.
L’office statue par priorité sur les demandes émanant de personnes auxquelles le document provisoire de séjour prévu à l’article L. 742-1 a été refusé ou retiré pour l’un des motifs mentionnés aux 2° à 4° de l’article L. 741-4, ou qui se sont vu refuser pour l’un de ces motifs le renouvellement de ce document.
Article L 723-3
L’office convoque le demandeur à une audition. Il peut s’en dispenser s’il apparaît que :
a) L’office s’apprête à prendre une décision positive à partir des éléments en sa possession ;
b) Le demandeur d’asile a la nationalité d’un pays pour lequel ont été mises en oeuvre les stipulations du 5 du C de l’article 1er de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
c) Les éléments fournis à l’appui de la demande sont manifestement infondés ;
d) Des raisons médicales interdisent de procéder à l’entretien ;
Article L. 723-5
L’office statue sur le renouvellement de la protection subsidiaire au terme de la période d’un an pour laquelle il l’a accordée. Procédant à son initiative ou à la demande de l’autorité administrative à un réexamen, il peut mettre fin à tout moment au bénéfice de cette protection dans le cas prévu au second alinéa de l’article L. 712-3.
Titre III : La Commission des recours des réfugiés
Missions
Article L. 731-1
La Commission des recours des réfugiés est une juridiction administrative, placée sous l’autorité d’un président, membre du Conseil d’Etat, désigné par le vice-président du Conseil d’Etat
Article L. 731-2
La Commission des recours des réfugiés statue sur les recours formés contre les décisions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, prises en application des articles L. 711-1, L. 712-1 à L. 712-3 et L. 723-1 à 723-3.A peine d’irrecevabilité, ces recours doivent être exercés dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision de l’office.
Article L. 731-3
La Commission des recours des réfugiés examine les requêtes qui lui sont adressées par les réfugiés visés par l’une des mesures prévues par les articles 31, 32 et 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et formule un avis quant au maintien ou à l’annulation de ces mesures. En cette matière, le recours est suspensif d’exécution. Dans ce cas, le droit au recours doit être exercé dans le délai d’une semaine
Examen des recours
Article L. 733-1
Les intéressés peuvent présenter leurs explications à la commission des recours et s’y faire assister d’un conseil et d’un interprète
Article L. 733-2
Le président et les présidents de section peuvent, par ordonnance, régler les affaires dont la nature ne justifie pas l’intervention d’une formation collégiale.
(Note : En ce qui concerne les désistement, non lieux et irrecevabilités manifestes non susceptibles d’être couvertes en cours d’instance, la loi du 25 juillet 1952 modifiée n’est pas abrogée dans l’attente de l’intégration des dispositions réglementaires dans le code (article 5 II b) de l’ordonnance du 25 novembre 2004).
Admission au séjour
Article L 741-3
L’admission au séjour ne peut être refusée au seul motif que l’étranger est démuni des documents et des visas mentionnés à l’article L. 2111
Article L 741-4
Sous réserve du respect des stipulations de l’article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, l’admission en France d’un étranger qui demande à bénéficier de l’asile ne peut être refusée que si :
1° L’examen de la demande d’asile relève de la compétence d’un autre Etat en application des dispositions du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil de l’Union européenne du 18 février 2003 établissant les critères et mécanismes de détermination de l’Etat membre responsable de l’examen d’une demande d’asile présentée dans l’un des Etats membres par un ressortissant d’un pays tiers, ou d’engagements identiques à ceux prévus par ledit règlement avec d’autres Etats.
2° L’étranger qui demande à bénéficier de l’asile a la nationalité d’un pays pour lequel ont été mises en oeuvre les stipulations du 5 du C de l’article 1er de la convention de Genève susmentionnée ou d’un pays considéré comme un pays d’origine sûr. Un pays est considéré comme tel s’il veille au respect des principes de la liberté, de la démocratie et de l’état de droit, ainsi que des droits de l’homme et des libertés fondamentales. La prise en compte du caractère sûr du pays d’origine ne peut faire obstacle à l’examen individuel de chaque demande ;
3° La présence en France de l’étranger constitue une menace grave pour l’ordre public, la sécurité publique ou la sûreté de l’Etat ;
4° La demande d’asile repose sur une fraude délibérée ou constitue un recours abusif aux procédures d’asile ou n’est présentée qu’en vue de faire échec à une mesure d’éloignement prononcée ou imminente. Constitue, en particulier, un recours abusif aux procédures d’asile la présentation frauduleuse de plusieurs demandes d’admission au séjour au titre de l’asile sous des identités différentes. Constitue également un recours abusif aux procédures d’asile la demande d’asile présentée dans une collectivité d’outre-mer s’il apparaît qu’une même demande est en cours d’instruction dans un autre Etat membre de l’Union européenne.
Les dispositions du présent article ne font pas obstacle au droit souverain de l’Etat d’accorder l’asile à toute personne qui se trouverait néanmoins dans l’un des cas mentionnés aux 1° à 4°.
Dispositions diverses
Article L 751-2
Les modalités d’application des dispositions du présent livre sont fixées par décret en Conseil d’Etat, notamment (…)
6° … les conditions dans lesquelles le président et les présidents de section de la commission des recours peuvent, après instruction, statuer par ordonnance sur les demandes qui ne présentent aucun élément sérieux susceptible de remettre en cause les motifs de la décision du directeur général de l’office.
Partie réglementaire
Chapitre III
Examen des demandes d’asile
R. 723-1
A compter de la remise de l’autorisation provisoire de séjour prévue à l’article L. 742-1, l’étranger demandeur d’asile dispose d’un délai de vingt et un jours pour présenter sa demande d’asile complète à l’office.
La demande d’asile ou du statut d’apatride est rédigée en français sur un imprimé établi par l’office. L’imprimé doit être signé et accompagné de deux photographies d’identité récentes et, le cas échéant, du document de voyage et de la copie du document de séjour en cours de validité.
Lorsque la demande est présentée complète dans les délais, l’office l’enregistre sans délai et en informe par lettre le demandeur.
R. 723-2
Le directeur général de l’office reconnaît la qualité de réfugié ou d’apatride ou accorde le bénéfice de la protection subsidiaire au terme d’une instruction unique, au vu des pièces et des informations dont il dispose à la date de sa décision(...).
R. 723-3 art 3
Lorsqu’il est saisi en application de la procédure prioritaire prévue au second alinéa de l’article L. 723-1, l’office statue dans un délai de quinze jours sur la demande d’asile. Ce délai est ramené à 96 heures lorsque le demandeur d’asile est placé en rétention administrative en application de l’article L. 551-1.
Lorsque, à la suite d’une décision de rejet devenue définitive, la personne intéressée entend soumettre à l’office des éléments nouveaux, sa demande de réexamen doit être précédée d’une nouvelle demande d’admission au séjour et être présentée selon la procédure prévue à l’article R. 723-1. Le délai prévu au premier alinéa de cet article est alors limité à huit jours. Dans un délai de 96 heures suivant l’enregistrement de la demande, le directeur général de l’office décide, au vu des éléments produits, s’il y a lieu de procéder à un nouvel examen de la situation de l’intéressé. Le silence gardé par le directeur général au terme de ce délai vaut rejet de la demande.
TITRE III
LA COMMISSION DES RECOURS DES RÉFUGIÉS
Chapitre III
Examen des recours
Section 1
R. 733-2
La procédure devant la commission est gratuite et sans frais.
R. 733-5
Le président et les présidents de section peuvent, par ordonnance, donner acte des désistements, constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur un recours et rejeter les recours entachés d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance.
Section 2
Recours formés contre les décisions en matière d’asile
Sous-section 1
Compétence de la commission
R. 733-6
La Commission des recours des réfugiés statue :
1° Sur les recours formés contre les décisions de l’office accordant ou refusant le bénéfice de l’asile ;
2° Sur les recours formés contre les décisions de l’office prises à la suite d’une procédure retirant ou mettant fin au bénéfice de l’asile ;
3° Sur les recours en révision dans le cas où il est soutenu que la décision de la commission a résulté d’une fraude ;
4° Sur les recours formés contre les décisions portant rejet d’une demande de réexamen.
Sous-section 2
Présentation des recours
R. 733-7
Le recours formé par un demandeur d’asile auquel le directeur général de l’office a refusé le bénéfice de l’asile doit contenir les nom, prénoms, état civil complet, profession et domicile du requérant et l’exposé des moyens invoqués à l’appui de la demande. Il est établi en langue française. Il doit être signé par le requérant ou son mandataire.
Le recours doit être accompagné de l’original ou de la copie de la décision de refus de l’office ou, en cas de décision implicite de rejet, de la copie de la lettre mentionnée au dernier alinéa de l’article R. 723-1.
Il peut lui être annexé toutes pièces de nature à établir le bien-fondé de la demande.
R. 733-8
Le recours est adressé au secrétariat de la commission sous pli recommandé avec demande d’avis de réception.
Les recours sont inscrits sur un registre spécial, suivant leur date d’arrivée à la commission.
R. 733-9
Dans les cas prévus aux 1°, 2° et 4° de l’article R. 733-6, le recours doit, à peine d’irrecevabilité, être exercé dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision de l’office.
Dans le cas prévu au 3° du même article, le recours doit être exercé dans le délai de deux mois après que la fraude a été constatée.
Sous-section 3
Instruction
R. 733-12
Si le président de la formation de jugement n’a pas pris une ordonnance de clôture, l’instruction est close trois jours francs avant la date de l’audience indiquée dans l’avis d’audience.
Celui-ci est notifié aux parties sept jours au moins avant l’audience.
R. 733-13
Les mémoires produits après la clôture de l’instruction ne donnent pas lieu à communication et ne sont pas visés dans la décision. Les conclusions et moyens qu’ils contiennent ne sont pas examinés par la commission.
Sous-section 4
Jugement
R. 733-16
Lorsque, en application de l’article L. 733-2, le président de la commission et les présidents statuent, par ordonnance, sur les demandes qui ne présentent aucun élément sérieux susceptible de remettre en cause les motifs de la décision du directeur général de l’office, cette ordonnance ne peut être prise qu’après étude du dossier par un rapporteur.
R. 733-17
Les audiences de la commission sont publiques.
Les parties peuvent présenter leurs observations à la commission.
Le président de la formation de jugement veille à l’ordre de l’audience. Lorsque les circonstances l’exigent, il peut ordonner que l’audience se tienne à huis clos. Il statue sur les demandes de renvoi présentées par les parties.
Les décisions prises sur le fondement de l’alinéa précédent ne sont pas susceptibles de recours.
Les rapporteurs n’ont pas voix délibérative.
R. 733-18
La commission peut prescrire toute mesure d’instruction qu’elle jugera utile(..).
R. 733-19
Les décisions de la commission sont motivées. Elles sont lues en audience publique(...).
R. 733-20
Le secrétaire général de la commission notifie la décision de la commission au requérant par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Il la notifie également au directeur général de l’office lorsque celui-ci n’est pas le requérant. Il informe simultanément du caractère positif ou négatif de cette décision le préfet compétent et, à Paris, le préfet de police, ainsi que le directeur de l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations.
La commission communique au préfet compétent et, à Paris, au préfet de police, lorsque ceux-ci en font la demande, copie de l’avis de réception.
Les décisions de rejet sont transmises au ministre de l’intérieur.
Section 3
Requêtes formées contre les décisions
de restriction de séjour ou d’expulsion
R. 733-21
Le réfugié auquel il est fait application d’une des mesures prévues aux articles 31, 32 et 33 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 peut adresser une requête à la commission des recours.
Les dispositions du premier alinéa de l’article R. 733-7 et celles de l’article R. 733-8 sont applicables à cette requête qui doit, à peine d’irrecevabilité, être adressée à la commission dans un délai d’une semaine à compter de la notification de la mesure qui la motive. Le requérant qui invoque le bénéfice des articles 32 ou 33 de la convention du 28 juillet 1951 doit joindre à l’appui de sa demande une copie de la mesure faisant l’objet de la requête, une copie de la décision du directeur général de l’office le concernant ainsi que tous éléments de nature à établir le bien-fondé de la requête.
R. 733-22
La requête est immédiatement communiquée par le secrétaire général de la commission au ministre de l’intérieur, qui doit produire ses observations dans un délai de dix jours à compter de la réception.
R. 733-23
Dès réception de la réponse du ministre de l’intérieur ou à l’expiration du délai, la commission se réunit sur convocation de son président.
Les dispositions des troisième et cinquième alinéas de l’article R. 733-17 et du premier alinéa de l’article R. 733-18 sont applicables pour la procédure devant la commission.
La commission formule un avis motivé sur le maintien ou l’annulation de la mesure qui a provoqué la requête. Cet avis est transmis sans délai au ministre de l’intérieur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.